COMMUNICATION

COMMUNICATION

AVANT d’être caractérisée par son histoire, qui va s’accélérant à la fois dans le monde humain et dans la conception que l’homme se fait du monde humain et non humain, c’est par sa nature que la communication est caractérisée. Elle désigne quelque chose qui se déplace entre deux points caractéristiques de l’espace et suppose de ce fait la perméabilité des démarcations. Nous nous intéressons à ce déplacement parce qu’il modifie l’état des choses aux extrémités du parcours, source et destination. Sans remonter aux communications végétales et florales, qui sont pourtant génétiquement codées et aboutissent à des messages programmateurs dans les termes biologiques actuels, on peut dire que la locomotion de l’animal assure son emprise, c’est-à-dire ses effets modificateurs, sur d’autres animaux. La plupart des animaux, et par excellence l’homme, ont ajouté le transport à la locomotion. Mais ce sont là des opérations lourdes , énergétiquement coûteuses, qui préludent souvent à des traitements lourds pratiqués au contact. Elles sont toujours guidées, modulées ou déclenchées par des opérations légères de prélèvement d’information, indices ou signaux, sur le milieu, vivant ou non. La perception mutuelle y est privilégiée. Elle inclut la présentation de signaux stables ou variables, ces derniers rémanents ou non (traces) et constituant plus spécialement la sémie , dans cette sémiotique d’ensemble. Malgré l’extraordinaire développement du langage chez l’homme, ce qui frappe, c’est déjà l’importance des facteurs sémiotiques chez l’animal. Tout se passe, d’ailleurs, comme si, entre «le temps où les bêtes parlaient» et notre temps, les animaux nous étaient devenus étrangers, par suite de l’exaltation métaphysique de notre différence linguistique. Il est curieux de voir que, à partir du déchiffrement expérimental minutieux des codes de déclenchement de réaction (Lorenz), dont l’innéité (I) était mise en sigle (MDI), entre source et récepteur animaux, la recherche accrédite aujourd’hui une vision plus franciscaine, c’est-à-dire moins mécanique, dans laquelle les appropriations circonstancielles, et aussi les ajustements acquis, jouent un rôle croissant. Cette psychosociologisation se fait sans préjudice des approfondissements physiologiques et aussi sociophysiologiques, par exemple à travers les hormones exocrines que sont les phéromones.

Le concept qui s’impose peu à peu d’une sorte de combinatoire discursive animale à plusieurs niveaux avec enchaînements de séquences, l’augmentation de la variabilité des messages avec l’intimité: autant de notions qui font apparaître à la fois la structure de la sémie et du langage humain, et l’histoire de la communication humaine, comme étant autre chose qu’une rupture. C’est le développement, accéléré, d’un héritage.

Multipliant son pouvoir de déplacement, de transfert et de transformation, l’homme du XIXe siècle pensait et agissait en termes d’énergie. Il substituait de plus en plus vite l’énergie animale puis mécanique à l’énergie humaine. Les phénomènes de communication apparaissaient à leurs meilleurs analystes comme des «superstructures» (Karl Marx) quand ce n’étaient pas des «reflets» (Engels) ou des épiphénomènes. Le travail humain était encore conçu essentiellement comme travail «ouvrier» ou manuel, dans le cadre d’une production matérielle illimitée, vue comme seule forme de production. Le travail non salissant (cf. la blouse blanche ou le col blanc opposés au bleu de chauffe) restait marginal, sinon parasitaire («improductif»). Au milieu du siècle, de bons esprits niaient encore qu’il y ait un accroissement possible de la productivité dans le secteur «tertiaire» (non agricole et non industriel), encore typiquement traité comme classe résiduelle où l’on case le personnel de maison. Et cependant «ceci tuera cela», selon ce que Hugo, dès 1830, faisait prophétiser à la fin du Moyen Âge: le livre tuera le bâtiment, le signe la masse comme instrument d’emprise.

Deux faits comptent parmi les plus importants du XXe siècle: l’émergence croissante, comme activité dominante et dominatrice, y compris dans l’industrie, du travail par signes et sur signes, quelle que soit la nature de ces signes ou signaux (iconiques, fixes ou non; linguistiques; mathématiques; etc.); la mécanisation rapide de ce travail lui-même par des machines audiovisuelles, linguistiques, logiques et mathématiques, grâce à la maîtrise de l’électronique.

Utilisant les dispositifs généralisés de déclics et déclenchements, la commande mécanique prend les caractères d’un acte de transmission de signaux, lui-même réglé de façon de plus en plus souvent automatique et télématique, par des indices à forme de signaux. La télécommande et l’autocommande à processus de décision mécanisé par ordinateur intégré marquent une incorporation croissante des processus de communication dans les dispositifs. Elles rendent possibles non seulement le remplacement des transferts des personnes par des transmissions et diffusions, mais aussi le remplacement de l’emprise directe physique des personnes sur les personnes par des transformations des choses, à travers des machines et équipements, intermédiaires ou terminaux. L’emprise apparaît alors comme une astreinte matérielle dont la source elle-même peut perdre le sens, à travers des enchaînements de causalités qui lui échappent.

La télé-action ne fait que prolonger la télécommunication. Mais elle la prolonge à une échelle que J. C. Maxwell décrivant les déclics de tout ordre il y a un peu plus d’un siècle ne pouvait pressentir: par le déploiement d’une énorme puissance énergétique, d’ailleurs productive ou destructive, actuelle ou potentielle.

Télécommunication et télé-action exposent notamment une des propriétés essentielles que le terme de communication a parfois pour fonction de masquer: c’est qu’elles permettent de se dispenser d’interlocuteurs et assurent l’unilatéralité. Malgré le développement d’initiatives et de techniques décentralisatrices possibles, l’unilatéralité de la diffusion de masse prévaut d’autant mieux que ses effets sont cachés aux détecteurs usuels: elle assimile à moyen terme les cultures, à l’échelle planétaire des satellites, et il importe bien moins qu’elle n’ait guère, à très court terme, d’effet sur des «opinions», comme il ressort de nombreuses études empiriques. L’acculturation de la recherche l’empêche souvent de former les concepts et instruments détecteurs.

Si l’on appelle «sématiques» toutes les activités usant de signes et de signaux quel qu’en soit l’émetteur ou le destinataire, on constate que la communication n’est déjà plus seulement une affaire entre l’homme et l’homme, mais entre des systèmes homme-matériel. À travers ces circuits, la communication, déjà très portée à la dissymétrie, tend à se perdre comme telle. La télé-action engendre une robotique de plus en plus massive à interstices humains décroissants. Beaucoup de faits convergent vers l’idée que la communication comme conversation ou concertation est en danger de prendre beaucoup de retard, à la fois et conjointement sur la diffusion et sur la robotique. En termes cybernétiques, il s’agit de savoir si ce système, à l’échelle de l’espèce – un peu moins isolée des animaux –, peut être régulé par d’authentiques conversations, usant aussi de la diffusion et maîtrisant la robotique. À toutes fins, la langue est le meilleur de la communication, pour le meilleur et pour le pire.

communication [ kɔmynikasjɔ̃ ] n. f.
• 1365 « commerce, relations »; lat. communicatio
1Le fait de communiquer, d'établir une relation avec (qqn, qqch.). Être en communication avec un ami, un correspondant. correspondance, liaison, rapport. Entrer en communication avec qqn, qqch. Prisonnier, otage privé de communication avec le monde extérieur. Avoir des difficultés de communication, à communiquer. Le rêve ouvre « à l'homme une communication avec le monde des esprits » (Nerval). Communication réciproque. échange. Communication interculturelle. coopération .
Absolt Didact. Sciences de la communication : certaines sciences humaines et sociales, les sciences cognitives, l'informatique. — Sc. Relation dynamique qui intervient dans un fonctionnement. Passage ou échange de messages entre un sujet émetteur et un sujet récepteur au moyen de signes, de signaux. Communication entre des êtres vivants, des organismes, des machines. sémiotique; cybernétique. Fonction d'expression et fonction de communication du langage. aussi paralangage. Communication par le canal auditif. Inform. Communication homme-machine. interactivité.
Spécialt Ensemble des techniques médiatiques utilisées (dans la publicité, les médias, la politique) pour informer, influencer l'opinion d'un public ( cible) en vue de promouvoir ou d'entretenir une image (cf. Relations publiques). Communication d'entreprise. Techniciens en communication. communicateur. Stratégie de communication ( communicationnel) .
2Action de communiquer (qqch. à qqn). Résultat de cette action. information. La communication d'une nouvelle, d'un renseignement, d'un avis à qqn. Communication des idées ( diffusion) , des sentiments ( effusion, expression, manifestation) . Demander communication d'un dossier, d'une pièce. « J'aurai cette copie en communication » (Péguy ). Dr. Communication des pièces (à toutes les parties).Communication au ministère public.
3La chose que l'on communique. annonce, avis, dépêche, message, note, nouvelle, renseignement. Il a une communication à vous faire. « c'est pour une communication de la plus haute importance » (Courteline ).
Spécialt Exposé oral fait devant une société savante. Les communications d'un colloque. S'inscrire pour une communication.
4Moyen technique par lequel des personnes communiquent; message qu'elles se transmettent. télécommunication, télématique, transmission. Une communication téléphonique ( appel) , télégraphique, par télécopie. Le prix de la communication. Être en communication (avec qqn),au téléphone. Je vous passe une, la communication. Prendre une communication. Recevoir une communication de l'étranger. Couper, interrompre les communications entre une armée et sa base. (trad. angl. massmedia) COMMUNICATIONS DE MASSE : procédés de transmission massive de l'information (journaux, radio, télévision). ⇒ média.
5Ce qui permet de communiquer; passage d'un lieu à un autre. Porte de communication. Voie, moyens de communication. circulation, transport.
(1690) Artère, route. Couper, fermer, rompre les communications.

communication nom féminin Action, fait de communiquer, de transmettre quelque chose : Communication de la chaleur à un corps. Action de communiquer avec quelqu'un, d'être en rapport avec autrui, en général par le langage ; échange verbal entre un locuteur et un interlocuteur dont il sollicite une réponse : Le langage, le téléphone sont des moyens de communication. Action de mettre en relation, en liaison, en contact, des choses : Établir une communication entre deux conduites. Mise en relation et conversation de deux correspondants par téléphone ou par un autre moyen de télécommunication. Exposé fait à un groupe et en particulier à une société savante, dans un congrès, etc., information, écrite ou orale, donnée à un groupe, un organisme : Communication à la presse. Liaison, jonction, passage entre deux lieux : Porte de communication entre deux chambres. Fait, pour une personnalité, un organisme, une entreprise, de se donner telle ou telle image vis-à-vis du public : Conseiller en communication. Campagne de communication. Médecine Malformation, le plus souvent congénitale, faisant communiquer deux vaisseaux ou deux cavités cardiaques habituellement séparés. (Les principales malformations de ce type sont les communications aorto-pulmonaire, interauriculaire, interventriculaire, interauriculo-ventriculaire. Elles bénéficient généralement de la chirurgie cardiaque.) Militaire Ensemble de l'infrastructure routière, fluviale, ferroviaire, portuaire et aérienne, permettant d'assurer les mouvements et les transports des troupes en opération. ● communication (citations) nom féminin Michel Leiris Paris 1901-Saint-Hilaire, Essonne, 1990 Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. Brisées Mercure de France Marcel Proust Paris 1871-Paris 1922 La musique est peut-être l'exemple unique de ce qu'aurait pu être — s'il n'y avait pas eu l'invention du langage, la formation des mots, l'analyse des idées — la communication des âmes. À la recherche du temps perdu, la Prisonnière Gallimardcommunication (expressions) nom féminin Avoir, demander, donner, etc., communication de quelque chose (à quelqu'un), recevoir, demander ou transmettre un dossier pour consultation, un renseignement pour information, etc. Communication audiovisuelle, toute mise à disposition du public ou de certains publics, par un procédé de télécommunication, de signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature qui n'ont pas le caractère d'une correspondance privée. Communication au ministère public, acte par lequel le ministère public intervient comme partie jointe, sur demande d'une juridiction ou conformément à la loi. Communication de pièces, acte par lequel chaque partie remet à son adversaire, lors d'un procès, les pièces dont elle entend faire état. Communication animale, échange de signaux de nature diverse entre deux ou plusieurs animaux, ayant pour effet de produire une adaptation réciproque de leur comportement. Communication homme-machine, méthode par laquelle un utilisateur dialogue avec un ordinateur. Communication interauriculaire, absence de fermeture de la cloison cardiaque qui sépare normalement l'oreillette droite de l'oreillette gauche. Communication interventriculaire, absence de fermeture de la cloison cardiaque qui sépare normalement le ventricule droit du ventricule gauche. Communication enterrée, fossé aménagé pour assurer à la circulation la protection contre les vues et les coups de l'ennemi. Zone de communications, portion d'un théâtre d'opérations non incluse dans la zone de combat terrestre (correspondant à l'ancienne zone des arrières). Communication de masse, ensemble des moyens et des techniques permettant la diffusion de messages écrits ou audiovisuels auprès d'un public plus ou moins vaste et hétérogène. (Elle constitue l'équivalent de ce que les sociologues belges et anglo-américains appellent respectivement techniques de diffusion collective et mass media.) ● communication (synonymes) nom féminin Action de communiquer avec quelqu'un, d'être en rapport avec autrui...
Synonymes :
- commerce (littéraire)
- échange
Exposé fait à un groupe et en particulier à une...
Synonymes :
- communiqué
- déclaration

communication
n. f.
d1./d Action de communiquer, de transmettre qqch à qqn. Donner communication d'un dossier.
d2./d Ce qui est communiqué. Je dois vous faire une communication urgente.
d3./d Moyen de liaison entre deux points, accès à un lieu. Toutes les communications sont coupées avec l'étranger.
d4./d Fait d'être en relation avec qqn, qqch. Communication avec l'au-delà.
|| Communication téléphonique.
d5./d SOCIOL Ensemble des phénomènes concernant la possibilité, pour un sujet, de transmettre une information à un autre sujet, par le langage articulé ou par d'autres codes.
d6./d Communication de masse: diffusion de messages écrits et audiovisuels à un large public; ensemble des techniques mises en oeuvre à cette fin.

⇒COMMUNICATION, subst. fém.
I.— Action de communiquer quelque chose à quelqu'un; le résultat de cette action (cf. communiquer I). Avoir, demander, donner, ordonner, prendre, recevoir, refuser (la) communication d'une affaire, d'un avis, d'un document, d'un renseignement; salle de communication. Si vous le [le commencement, formant préambule] trouvez bon, mais seulement dans ce cas, imprimez-le comme communication anticipée d'une lettre politique que je vous ai adressée et qui paraîtra en son entier dans votre recueil ou autrement (LAMARTINE, Correspondance, 1831, p. 198). Mes bien-aimés, je vous demande de ne pas insister, en ce moment du moins, près de MM. Verboeckhoven et Lacroix pour avoir communication, soit du manuscrit, soit des épreuves des travailleurs de la mer (HUGO, Correspondance, 1865, p. 507) :
1. Il leur donnera communication du mémoire remis par l'académie des sciences, dans lequel cette compagnie indique les observations particulières dont elle désirerait que les physiciens et naturalistes pussent s'occuper dans le voyage; ...
Voyage de La Pérouse, t. 1, 1797, p. 48.
A.— ADMIN. Action de transmettre un dossier, à titre provisoire, à un ou plusieurs services. Dossier en communication.
P. ext. S'ils [les commissaires de Saint-Martin-des-Champs] avaient eu communication des registres d'entrée et de sortie, dont le directeur en chef leur avait d'abord offert l'examen (MARAT, Les Pamphlets, Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 180) :
2. Chaque commission dresse la liste par ordre de mérite des candidats admissibles, qui est publiée par ordre alphabétique. Les recteurs en reçoivent communication et avisent les intéressés; les épreuves orales ont lieu à Paris.
Encyclop. pratique de l'éduc. en France, 1960, p. 381.
B.— DROIT
1. Communication des pièces. (Au cours d'un jugement) droit de chaque partie, d'exiger de l'adversaire qu'il produise les pièces dont il compte se servir (cf. communiquer I A 1). Donner, recevoir une pièce en communication; communication d'instance; communication des parties; délai de communication :
3. 239. Au jour indiqué, le juge fera aux deux époux, s'ils se présentent, ou au demandeur, s'il est seul comparant, les représentations qu'il croira propres à opérer un rapprochement : s'il ne peut y parvenir, il en dressera procès-verbal, et ordonnera la communication de la demande et des pièces au commissaire du gouvernement et le référé du tout au tribunal.
Code civil, 1804, p. 45.
2. Communication au Ministère public; communication au Parquet. Action de communiquer au Parquet les pièces ou dossiers d'une cause intéressant l'ordre public. Communication d'office (Ac. 1835-1932); ordonner la communication au Ministère public (Ac. 1835-1932).
C.— P. méton. Chose communiquée, contenu de la transmission. Adresser, faire une communication à (au cours d') un congrès, d'une réunion; une communication de la plus haute importance; une communication urgente. (Quasi-)synon. annonce, avis, communiqué, note :
4. D'abord je poserai la question du rapport que présentent entre eux les phénomènes physiologiques, pathologiques, toxiques ou thérapeutiques, et je me propose de démontrer dans une série de communications qui suivront celle-ci que les phénomènes de la vie sont constamment soumis aux mêmes lois...
C. BERNARD, Principes de méd. exp., 1878, p. 299.
P. ext. (en style noble). Faire une communication à quelqu'un. M. Leuwen reçut en riant la communication que son fils était chargé de lui faire (STENDHAL, Lucien Leuwen, t. 2, 1836, p. 310). « — Messieurs, — dit-il, — j'ai une communication à vous faire et vos avis à recueillir. Voici de quoi il s'agit » (BENOIT, L'Atlantide, 1919, p. 22). — « Comme tu voudras », trancha Pagès. « Mais ça paraît urgent. Il a une communication à te faire, de la part de Meynestrel... Enfin, moi, je t'ai prévenu. Au revoir. » (R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, p. 380).
D.— Plus rarement [Ce qui est communiqué désigne un contenu, un mouvement, etc.]
1. Lang. littér. Communication des connaissances, des idées, des sentiments (cf. communiquer I A 3). La communication de la pensée est toujours fort difficile pour celui qui a de fortes préoccupations métaphysiques (SOREL, Reflexions sur la violence, 1908, p. 9).
2. MÉCAN. Sans idée d'intention. Communication du mouvement (cf. communiquer I B 2)
3. MÉD. Communication d'une maladie (cf. communiquer I B 3).
Rem. On préfère la constr. de ces syntagmes avec des subst. équivalents ou synon., tels que diffusion ou transmission.
II.— Action de communiquer avec quelqu'un ou quelque chose. Entrer, être en communication avec qqn ou qqc.; mettre qqn ou qqc. en communication avec qqn ou qqc.; mettre plusieurs personnes en communication (cf. communiquer II).
A.— [Ce qui communique est une pers.] Lisbeth crut avoir à elle son Livonien en se flattant de couper toutes les communications entre le monde et lui (BALZAC, La Cousine Bette, 1846, p. 106). Il est probable qu'une des choses dont j'aurai le plus de mal à me défaire, c'est ce besoin de la communication, de l'échange, de l'intimité (DU BOS, Journal, 1928, p. 225). Il [le tissu social formé par les militants de base] ne détermine pas les décisions, mais il facilite les communications et favorise les sympathies (J.-D. REYNAUD, Les Syndicats en France, 1963, p. 248).
SYNT. Avoir, cesser, couper, défendre, entretenir, intercepter une communication avec qqn, entre deux personnes; communication chaleureuse, froide, sèche; communication directe, médiate; instrument, mode, moyen, outil, véhicule de communication; avoir (des) communication(s) avec l'ennemi; communication d'un avocat avec son client; communication de l'homme avec la machine; communication pédagogique; communication mystique, surnaturelle, télépathique. PARAD. Commerce, correspondance, relation; communion, dialogue, entente, union.
1. LING., PSYCHOL., SC. SOC. Processus par lequel une personne (ou un groupe de personnes) émet un message et le transmet à une autre personne (ou groupe de personnes) qui le reçoit, avec une marge d'erreurs possibles (due, d'une part, au codage de la langue parlée ou écrite, langage gestuel ou autres signes et symboles, par l'émetteur, puis au décodage du message par le récepteur, d'autre part au véhicule ou canal de communication emprunté). Communication linguistique, sociale; communication de masse; fonction technique de la communication; théorie de la (des) communication(s) (cf. théorie de l'information); communication audio-visuelle. Sans communication point de signes, point de parole, point d'idée par conséquent (BONALD, Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre soc., 1800, p. 122). Théorie des communications. Cette théorie étudie les problèmes posés par l'émission, la transmission et la réception des informations sélectives (Hist. gén. des sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 104) :
5. Véhicule de communication entre les hommes, la langue s'impose à ceux-ci comme un système de normes dont l'utilisation permet la cohérence et l'intelligibilité des contenus de communication.
Traité de sociol., 1968, p. 270.
[Ce qui communique est un animal] L'animal communique avec l'animal ou avec l'homme par signaux visuels, sonores, etc.
2. PHILOS., lang. abstr. et cultivée. Les philosophies de la communication; la communication des consciences. Le calice, aux pages du document sacré, assume un triple caractère. C'est un instrument de communication et de communion (CLAUDEL, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 12). La communication est un fait qui ne se surajoute nullement à la réalité-humaine mais la constitue (B. BATAILLE, L'Expérience intérieure, 1943, p. 47) :
6. La communication ou la compréhension des gestes s'obtient par la réciprocité de mes intentions et des gestes d'autrui, de mes gestes et des intentions lisibles dans la conduite d'autrui.
MERLEAU-PONTY, Phénoménologie de la perception, 1945, p. 215.
B.— [Ce qui communique est une chose] Les expériences que j'ai faites sur l'action mutuelle des conducteurs (...) mettent en communication les extrémités d'une pile voltaïque (A.-M. AMPÈRE, Annales de chim. et de phys., 1820, p. 196). La communication entre deux biefs consécutifs est alors établie soit au moyen d'une passe ou pertuis (...) soit au moyen d'une écluse (J. BOURDE, Les Trav. publ., t. 2, 1929, p. 325). En même temps le cylindre de frein est mis en communication avec l'atmosphère par l'intermédiaire d'un canal ménagé dans le tiroir (M. BAILLEUL, Notions de matériel roulant des ch. de fer, 1951, p. 134).
Spéc., MÉD. PATHOL. Malformation ou anomalie cardiaque. Communication interaortico-pulmonaire, inter-auriculaire (isolée), interventriculaire (isolée), inter-sigmoïdo-infundibulaire :
7. Elle [la chirurgie] a pu ensuite devenir correctrice. Par exemple, en ce qui concerne le cœur et les vaisseaux, elle a réussi à pallier une malformation vasculaire, supprimer le rétrécissement d'un orifice cardiaque, obturer une communication inter-ventriculaire ou inter-auriculaire.
M. BARIÉTY, Ch. COURY, Hist. de la méd., 1963, p. 785.
[En parlant de choses abstr.] :
8. Cette croyance proprement mythique, et qui a dans le rêve de Nerval la force d'une connaissance intuitive, il l'a étayée sur les événements insolites de la vie, qui par là cessaient d'être insolites, et sur les mythes qui proposent une perpétuelle communication entre le réel et l'irréel.
M.-J. DURRY, Gérard de Nerval et le mythe, 1956, p. 80.
III.— Subst. (indiquant un moyen) + de communication. Ce qui permet d'établir une relation entre deux lieux, deux ou plusieurs personnes éloignées dans l'espace. Moyen(s), canaux, réseaux de communication; p. ell. une (des) communication(s).
A.— [En parlant des voies ferrées, fluviales, maritimes ou routières] Lignes, moyens, réseaux, voies de (grandes) communications; dessertes en communications et transports publics :
9. ... les constructions élevées le long des voies de communication et autour des carrefours sont préjudiciables à l'habitation : bruits, poussières et gaz nocifs.
LE CORBUSIER, La Charte d'Athènes, 1957, p. 21.
SYNT. Commodité, facilité, lenteur des communications; améliorer, assurer, ouvrir les (des) communications entre tel et tel endroit; les communications avec la province, entre Paris et la (sa) banlieue; canal de communication. Spéc., mar. Service des communications.
B.— [En parlant d'un lieu d'habitation] Couloir, escalier, galerie, pièce, porte de communication. J'étais debout, appuyé contre une porte de communication qui donnait dans la chambre de la comtesse (Mme DE KRÜDENER, Valérie, 1803, p. 94).
C.— ÉLECTR., POSTES ET TÉLÉCOMM., RADIO. Réseau de communications; Communication pneumatique, télégraphique, téléphonique; communication directe; radio(-), télé(-)communication. Il faut permettre [dans le télégraphe Marconi] l'échange de communications entre les deux stations, aussi chaque antenne est-elle à tour de rôle antenne d'émission et antenne réceptrice (A. TURPAIN, Les Applications pratiques des ondes électriques, 1902, p. 113). Secteur des télé-communications. Il comprend les grands moyens techniques de diffusion de la culture : presse, radio, cinéma, télévision (B. CACÉRÈS, Hist. de l'éduc. pop., 1964, p. 180) :
10. La même année [1879] voit apparaître le téléphone; il y a 306 abonnés à la date du 1er mai 1880. Cinq ans plus tard, le 16 janvier 1885, la première communication interurbaine est échangée entre le maire de Rouen et celui du Havre.
L'Admin. des Postes et Télécomm., 1964, p. 4.
SYNT. Demander, obtenir, couper une communication; la taxation des communications, payer une communication.
D.— ART MILIT. Ligne(s) de communication, communication(s). Ensemble des moyens matériels permettant d'assurer les relations de tous ordres, le transport et les mouvements des troupes en opération. Assurer, couper, établir, intercepter, maintenir les communications; le nœud des communications. Il menait [un réseau ferré dense et bien orienté] vers un des points vitaux des communications alliées, Amiens (FOCH, Mémoires, t. 2, 1929, p. 7). Notre groupe « Lorraine » multipliait, avec les bombardiers de la Royal Air Force, les attaques contre les communications adverses (DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1954, p. 259) :
11. Pour le régime des lignes de communication, il était essentiel que le général en chef pût, en toute liberté, modifier le groupement de ses forces au profit de la manœuvre.
JOFFRE, Mémoires, t. 1, 1931, p. 171.
IV.— Manière de communiquer. Mode de communication.
RHÉT. Figure par laquelle l'orateur semble prendre l'auditoire à témoin dans des répliques du type « qu'auriez-vous fait à leur place? que pouvais-je faire de plus? »
Rem. Attesté ds les dict. gén. à partir de Ac. 1835, ne figure plus ds Ac. 1932, Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr., encore attesté ds ROB, QUILLET 1965.
Communication dans les paroles. Figure consistant à rendre commun à plusieurs personnes, ce qui ne se dit que d'une seule ou d'autres personnes, dans des phrases du type « qu'avons-nous fait? pour qu'avez-vous fait? »
Rem. Attesté ds les dict. gén. à partir de Ac. 1835, ne figure plus ds Ac. 1932, Lar. encyclop., ROB., Lar. Lang. fr., encore attesté ds QUILLET 1965.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin XIIIe-début XIVe s. (Gloss. rom., 9543 ds T.-L. : communications : maniere(s) d'iestre ensanle, commun); 1370 « relations entre les hommes, relations sociales » (ORESME, Eth., 245 ds LITTRÉ); 1507 « discussion, pourparlers » (Arch. Nord, CM 25036 ds IGLF); 2. av. 1615 avoir communication (de qqc.) (PASQUIER, p. 601 ds IGLF); 3. av. 1662 théol. communication avec Dieu (PASCAL, Pensées, section VII, p. 405, ibid.); 4. 1677 (MIÈGE : la Citadelle a communication avec la ville par un Pont); 5. 1753 phys. communication du mouvement (Encyclop. t. 3). Empr. au lat. class. communicatio « mise en commun, échange de propos, action de faire part ». Fréq. abs. littér. :2 646. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 4 116, b) 2 722; XXe s. : 2 141, b) 4 994. Bbg. DUPRAZ (J.). Théorie de la commun. : signaux, bruits et modulations. Paris, 1973. — LACROIX (J.). La Commun. Monde (Le). 8-9 Septembre 1974. — SCHERER (R.). Struct. et fondement de la commun. hum. Paris, 1965.

communication [kɔmynikɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. 1365 « relations sociales »; lat. communicatio, du supin de communicare. → Communiquer.
1 Action de communiquer (qqch. à qqn); information, ensemble d'informations ainsi communiquées. || La communication d'une nouvelle, d'un renseignement, d'un avis (à qqn par qqn). || La communication des idées ( Diffusion), des sentiments ( Effusion, expression, manifestation).
1 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme.
Déclaration des droits de l'homme (Constitution du 3 sept. 1791), art. II.
Dans quelques expressions. Le fait de transmettre à qqn une information écrite, un ensemble d'informations (textes, dossiers…). || Demander communication d'un dossier, d'une pièce. || Prendre communication d'un dossier. Compulser, étudier.
En communication. || Demander, recevoir un livre, un dossier, une pièce en communication. || J'ai demandé le volume à la bibliothécaire, mais il était en communication.
2 J'aurai cette copie en communication, je la lirai ou ne la lirai pas selon le temps que j'aurai.
Ch. Péguy, Œ. compl., t. I, p. 43.
Dr. || Communication des pièces : obligation imposée à toute partie dans un procès de soumettre aux autres parties les pièces dont elle fait état à l'appui de ses prétentions. || La communication des pièces se fait par acte d'avoué à avoué ou verbalement à l'audience.Communication au Ministère public : action de communiquer les dossiers d'une cause au membre du Parquet qui tient l'audience. || Communication d'office. || Délai de la communication.
3 Le procureur du Roi (le procureur de la République) pourra néanmoins prendre communication de toutes les autres causes dans lesquelles il croira son ministère nécessaire; le tribunal pourra même l'ordonner d'office.
Code de procédure civile, anc. art. 83.
4 Dans les trois jours du dépôt de la pièce, le défendeur pourra en prendre communication au greffe sans déplacement (…)
Code de procédure civile, anc. art. 198.
2 La chose que l'on communique; ensemble d'informations communiquées. Annonce, avis, dépêche, message, note, nouvelle, renseignement. || Il a une communication à vous faire. || Une communication du plus haut intérêt. || Recevoir, donner, prendre, transmettre une communication.
5 (…) c'est pour une communication de la plus haute importance.
Courteline, Messieurs les ronds-de-cuir, VI, I, p. 212.
Spécialt. Exposé oral ou écrit concernant un sujet déterminé, que l'on fait devant une société savante. || Adresser, faire une communication à l'Académie des sciences. || Liste des communications d'un congrès, d'un colloque. || Résumé d'une communication.
3 Le fait de communiquer, d'établir une relation avec (qqn, qqch.). || Communication entre deux personnes. || Communication réciproque. Échange.Loc. (avec en). || Être en communication avec un ami, un correspondant. Correspondance, liaison, rapport. || Entrer en communication avec qqn, qqch. || Mettre qqn (qqch.) en communication avec qqn (qqch.).
6 (…) j'ai bien empêché qu'ils n'aient communication ensemble.
Molière, le Médecin malgré lui, III, 7.
7 Nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ. Sans ce médiateur, est ôtée toute communication avec Dieu (…)
Pascal, Pensées, VII, 547.
8 Avec cette idée que je m'étais faite du rêve comme ouvrant à l'homme une communication avec le monde des esprits (…)
Nerval, la Bohème galante, Le rêve et la vie.
Communication de pensée avec les autres. Communion, échange, transmission.
9 Pour vous, non seulement je vous vois toujours brillant, mais j'entends une voix douce qui m'explique sans paroles, par une communication mentale, ce que vous devez faire.
Balzac, le Lys dans la vallée, Pl., t. VIII, p. 906.
10 La musique n'est-elle pas l'exemple unique de ce qu'aurait pu être la communication des âmes ?
A. Maurois, À la recherche de Marcel Proust, p. 196.
Absolt. a Didact. || Sciences de la communication : ensemble des activités et connaissances concernant la communication, notamment la communication interhumaine (neurosciences, sciences cognitives, informatique, certaines sciences humaines et sociales).Théories de l'information et de la communication.
b Sc. Relation dynamique intervenant dans un fonctionnement. || Théorie des communications et de la régulation. Cybernétique.
c Ling., sémiot. Ensemble des processus d'échanges signifiants entre le sujet émetteur et le sujet récepteur (message verbal, codes gestuels, etc.). || Communication et langage, et systèmes paralinguistiques. || Étude du sens et de la communication. Sémiotique. || Communication et expression, et signification, et sémiosis.
d Cour. Le fait de communiquer (II., 1., spécialt). || Service de (la) communication (dans une entreprise). → Relations publiques. || Techniques de communication (→ ci-dessous, 5., communication de masse).
4 Ce qui permet de communiquer (II., 2.) dans l'espace, de passer d'un lieu à un autre; passage d'un lieu à un autre. || Porte de communication. || Voies, moyens de communication. Circulation, transport. || Communications difficiles, lentes, aisées, rapides entre deux villes, deux pays.
11 (…) facilité des échanges, aisance des communications (…) dans un monde, hélas ! disparu où les hommes circulaient librement, sans barrières, sans quotas, sans passeports !
André Siegfried, l'Âme des peuples, I, I, p. 8.
(1690). Artère, route. || Couper, fermer, rompre les communications.
5 Moyen technique par lequel des personnes communiquent (souvent au plur.); message qu'elles se transmettent. Transmission. || Une communication téléphonique, télégraphique.
(1892). Spécialt. Message téléphonique. Appel. || Recevoir, prendre une, la communication. || Je vous passe votre communication. Correspondant.Couper, interrompre les communications entre une armée et sa base. || Communication en P. C. V. ( P.C.V.); communication avec préavis ( P.A.V.).
12 Maintenant il voulait télégraphier, faire quelque chose qui le mette en communication immédiate avec sa mère. Mais monsieur, nous avons le téléphone. On sonne. On répond tout de suite. Il demande la communication avec un tapissier qui habite dans sa maison.
Proust, Jean Santeuil, Pl., p. 359.
Communication de masse (trad. de l'angl. mass media) : procédés de transmission de l'information à une grande quantité de personnes simultanément. Mass-media (cit. 1). || Étude sociologique, sémiotique des communications de masse.
DÉR. Communicationnel.
COMP. Intercommunication, radiocommunication, télécommunication, vidéocommunication.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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